Un taylorisme augmentéEntreprises, gouvernements et mdias semploient depuis plusieurs annes vendre un rve technologique : la rvolution numrique, progrs aussi inluctable quindispensable. La refuser serait passer ct de lhistoire. Ainsi cherchent ils rendre lintelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin docculter ses effets dltres. Dans un prcieux exercice de dmystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologtiques servent dabord les
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Entreprises, gouvernements et médias s’emploient depuis plusieurs années à
vendre un « rêve technologique » : la révolution numérique, progrès aussi
inéluctable qu’indispensable. La refuser serait passer à côté de l’histoire.
Ainsi cherchent-ils à rendre l’intelligence artificielle acceptable par le grand
public, en prenant soin d’occulter ses effets délétères. Dans un précieux
exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours
apologétiques servent d’abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander
si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains,
il faut la replacer dans l’histoire longue des transformations de l’organisation
du travail. Car, bien que l’IA présente des enjeux spécifiques, c’est aussi une
technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une
intensification de la logique tayloriste née voici plus d’un siècle dans les
usines d’Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la
conception séparée de l’exécution. Le déploiement d’un management algorithmique
(l’organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a
pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la
main-d’œuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.